Dans les cabinets vétérinaires portugais, un mot circule depuis des semaines, « thérians ». L’Ordre des médecins vétérinaires met les choses au clair, ces personnes ne seront pas soignées par des vétérinaires. Le rappel vise à protéger une frontière professionnelle, et à éviter les confusions dans l’accès aux soins.
La scène se répète, racontée à voix basse entre deux consultations, comme une anecdote devenue sujet national. Un appel, une demande de rendez-vous, parfois une insistance. Au bout du fil, une personne explique s’identifier à un animal et cherche une prise en charge dans une clinique vétérinaire. Dans un pays où la question du rapport aux animaux traverse déjà des débats sur l’abandon et la responsabilité, l’épisode agit comme un révélateur: qui soigne qui, et au nom de quoi?
Le sujet, à première vue marginal, oblige les institutions à parler net. Les vétérinaires sont formés pour diagnostiquer et traiter des animaux, pas des humains. Derrière cette évidence, il y a des enjeux de déontologie, de responsabilité, et de sécurité sanitaire. Le Portugal choisit de trancher publiquement, et le fait même qu’il faille le rappeler en dit long sur l’époque.
L’Ordre des médecins vétérinaires fixe une ligne: pas de soins pour les « thérians »
Le recadrage vient de l’institution qui encadre la profession. Dans un communiqué, l’Ordre des médecins vétérinaires portugais rappelle que ses membres ne prendront pas en charge des humains s’identifiant à des animaux, souvent désignés sous le terme « thérians » [4]. Le message est repris en anglais dans une version équivalente qui insiste sur la même limite professionnelle [5].

Cette prise de parole n’est pas un simple rappel théorique. Elle répond à des sollicitations qui, selon les articles relayant le communiqué, ont conduit l’Ordre à expliciter publiquement ce que la formation et le droit rendent déjà clair: un vétérinaire n’a pas vocation à diagnostiquer un patient humain, à prescrire pour lui, ni à engager sa responsabilité médicale hors du champ animal [4].
Le texte vise aussi à éviter un glissement dangereux: l’idée qu’un changement d’identité revendiqué pourrait déplacer, par ricochet, les circuits de soins. La frontière n’est pas symbolique, elle est juridique et pratique. Elle structure les assurances professionnelles, l’organisation des actes, la traçabilité des prescriptions et l’ensemble du cadre sanitaire. La clarification, en creux, renvoie vers le système de santé humain pour toute demande de prise en charge d’une personne.
Des consignes aux vétérinaires: gérer la demande sans entrer dans l’ambiguïté
La profession ne se contente pas d’un principe général, elle cherche à encadrer les situations concrètes. Des articles indiquent que des consignes ont été diffusées aux vétérinaires portugais sur la manière de gérer ces demandes émanant d’humains se présentant comme des animaux [1]. L’objectif est double: éviter l’escalade et empêcher qu’une interaction mal cadrée ne se transforme en acte de soin inapproprié.

Dans un cabinet, la pression peut être immédiate. Le lieu, les outils, la blouse, tout signale une autorité médicale. Une personne insistante peut chercher un geste, un examen, une validation. Or la moindre ambiguïté peut créer un précédent, ou exposer le praticien à un risque. Les consignes jouent alors un rôle de pare-feu: elles rappellent le périmètre de la profession et la conduite à tenir, sans transformer le cabinet vétérinaire en guichet de tri des détresses humaines.
Ce cadrage a aussi une dimension de protection pour la patientèle animale. Une clinique vétérinaire est organisée autour d’espèces, de protocoles et de produits conçus pour elles. Mélanger les publics, même ponctuellement, peut compliquer la gestion des flux, des risques et des priorités. Le rappel des règles revient à préserver le cœur du métier: soigner des animaux, dans des conditions adaptées.
Thérians: limites du soin au Portugal
Un débat qui heurte la relation aux animaux, déjà traversée par l’abandon
L’épisode survient dans un pays où la relation aux animaux est déjà un sujet sensible. Un autre article, centré sur l’été et les abandons, rapporte les propos de Sandra Duarte Cardoso qui décrit un abandon jugé « banalisé » et pointe un problème d’éducation civique dans la relation aux animaux [2]. Les deux sujets ne se confondent pas, mais ils se croisent dans l’espace public: l’animal y apparaît tour à tour comme membre de la famille, objet de consommation, ou miroir d’identités humaines.
C’est là que tout bascule dans la perception collective. D’un côté, la société valorise davantage l’animal de compagnie, sa place au foyer, son rôle affectif. De l’autre, les professionnels constatent des comportements de rupture, comme l’abandon, qui révèlent une responsabilité encore fragile [2]. Dans ce contexte, la demande de soins vétérinaires pour des humains s’identifiant à des animaux devient un symptôme de confusion: l’animal est partout dans l’imaginaire, mais le cadre social, lui, doit rester opérant.
Le débat met aussi en lumière une tension: reconnaître la souffrance psychique ou sociale d’une personne ne signifie pas déplacer les compétences médicales vers une autre profession. L’Ordre vétérinaire, en rappelant la règle, évite que la question de l’identité ne se transforme en conflit de périmètres entre soignants. Le message reste sec, mais il a une fonction: maintenir des frontières pour que les responsabilités demeurent lisibles.
Pourquoi ce rappel pèse au-delà du Portugal: droit, éthique, santé publique
La sortie de l’Ordre a une portée qui dépasse l’anecdote. Elle met sur la table des questions de droit, de déontologie et de santé publique. D’après le rappel formulé, une personne s’identifiant à un animal ne peut pas être soignée par un vétérinaire, et l’institution insiste sur cette limite [3]. Ce n’est pas seulement une affaire de vocabulaire, c’est une architecture de responsabilités.
Le droit, d’abord, parce que l’acte médical est encadré par des diplômes, des autorisations d’exercer et des obligations d’assurance. L’éthique, ensuite, parce qu’un professionnel ne peut pas laisser croire à une prise en charge qu’il n’est pas formé à assurer, même si la demande est exprimée avec détresse. La santé publique, enfin, parce que les circuits de prescriptions, l’usage de certains produits et la gestion des risques infectieux obéissent à des règles distinctes entre médecine humaine et médecine vétérinaire.
Ce rappel intervient aussi à un moment où les frontières entre catégories, identités et appartenances font l’objet de débats intenses dans de nombreux pays. Le Portugal, ici, ne discute pas une identité, il fixe une règle d’exercice. La précision du message est un choix politique au sens large: ne pas laisser les réseaux sociaux dicter la norme, ne pas laisser les professionnels seuls face à des demandes qui les dépassent, et éviter que le cabinet vétérinaire devienne un lieu d’expérimentation sociale.
La question, maintenant, est celle de l’après. Le communiqué ferme la porte aux consultations vétérinaires pour humains [4], mais il laisse ouverte une interrogation plus vaste: quelles réponses, dans le système de santé et dans l’espace social, pour des personnes qui cherchent une reconnaissance ou une prise en charge en empruntant les codes du monde animal?
Rappel express sur les « thérians » au Portugal
- L’Ordre des médecins vétérinaires rappelle que ses membres ne soignent pas des humains s’identifiant à des animaux [4].
- Des consignes ont été relayées pour aider les vétérinaires à gérer ces demandes [1].
- Le débat s’inscrit dans un contexte où l’abandon d’animaux est décrit comme banalisé par une intervenante citée [2].
Ce que le communiqué change concrètement
- Déontologie: clarification publique du périmètre d’exercice [3].
- Responsabilité: limitation des risques liés à des actes hors champ [4].
- Organisation: protection de l’activité des cliniques centrée sur la patientèle animale [1].
Ordre vétérinaire portugais: la règle
- L’Ordre des médecins vétérinaires portugais indique que les « thérians » ne seront pas pris en charge par des vétérinaires.
- Des consignes ont été relayées aux vétérinaires pour gérer ces demandes.
- Une intervenante citée dans un autre article décrit l’abandon d’animaux comme « banalisé » au Portugal.
Cet article a été rédigé avec l' assistance de l' intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.



